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Vous avez forcément déjà entendu parler des CESU : les Chèques Emploi Service Universel. Mais est-ce que vous savez comment les utiliser ?

 

Comme pour beaucoup de processus administratifs, la complexité et l’exhaustivité des informations font que de nombreuses personnes ne prennent même pas la peine de se lancer dans l’aventure.

 

Pourtant, le CESU n’est pas si compliqué à comprendre et peut vraiment être très avantageux si vous souhaitez embaucher de l’aide à domicile dans le cadre d’un service à la personne.

 

Dans ce guide complet, nous allons tenter de vous expliquer, de façon simple et détaillée, comment fonctionnent les CESU, mais aussi, comment concrètement les utiliser si vous êtes employeur ou salarié.

 

Ce guide sera parcouru d’exemples pour rendre les choses plus faciles et notre FAQ vous apportera de nombreuses précisions concernant toutes les questions qui vous trottent dans la tête.

 

Je vous laisse y jeter un œil : Merci, Merci, Merci !

 

Source : Youpijob.fr/cesu

 

 

Les associations ont été pionnières dans l’organisation des services d’aide à la vie quotidienne auprès des personnes âgées. Alpa prod/Shutterstock

Anne Le Roy, Université Grenoble Alpes et Emmanuelle Puissant, Université Grenoble Alpes


Le rôle pionnier des associations

Bien que les initiatives populaires d’entraide aient commencé à se développer dans l’entre-deux-guerres, les premières associations d’aide à domicile naissent en majorité au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Le temps était alors à la reconstruction de la France : reconstruction matérielle, mais aussi politique, économique et sociale. La question de la misère des personnes âgées et des familles ouvrières était alors préoccupante.

Les initiatives populaires et la création des premières associations ont précédé les politiques publiques : les premières associations d’aide à domicile aux familles d’abord, puis aux personnes âgées, ont vu le jour avant que le secteur de la gérontologie ne soit reconnu comme tel. Les associations ont été pionnières d’abord dans l’organisation et la structuration des services d’aide à la vie quotidienne auprès des familles populaires, puis auprès des personnes âgées.

Répondre à des besoins

Dans la grande majorité des situations, les associations sont nées pour répondre à des besoins non satisfaits ou alors, elles ont aussi pu se créer pour répondre de manière différente à des besoins pour lesquels des réponses publiques ou privées existaient déjà.

Les premières formes d’organisations oeuvrant dans la prise en charge de l’indigence, de la pauvreté ou d’autres formes de marginalités ont bien souvent été des associations. Soit elles se sont créées pour répondre à ces besoins non satisfaits, pour permettre à des catégories oubliées de l’action publique et privée d’accéder à des aides, des services, des biens ; soit elles se sont créées en complémentarité ou même en réaction avec l’action sociale de « secours aux pauvres » et de traitement de l’indigence de la puissance publique, jugée comme relevant d’une logique d’assistanat, ne permettant pas aux usagers ou bénéficiaires de ces services d’être réellement acteurs dans la réflexion et la construction des réponses à leurs besoins.

Repères bousculés

L’essor des financements marchands bouscule les repères du monde associatif. Souvent justifiée par la recherche d’efficience, évaluant les activités des associations au regard de leurs coûts, l’introduction du marché et d’une régulation marchande semble pourtant dépasser la seule question de l’efficience pour impacter plus fondamentalement l’efficacité, comprise comme l’évaluation des activités au regard de leurs objectifs. Il s’agit alors non plus de répondre, le mieux possible, à des besoins sociaux mais d’y parvenir à moindre coût. Plus largement, l’introduction du marché questionne l’activité associative dans son rapport aux usagers comme dans son organisation productive. Cette régulation marchande contribuant à requalifier son identité et ses pratiques, l’activité associative pourrait-elle se perdre, se fondre, dans le marché ? Les associations y seraient-elles solubles ?

La marchandisation limitée de l’aide à domicile

L’évolution de l’aide à domicile dans les années 2000 permet de rendre compte de la multidimensionnalité du processus de marchandisation et de l’impact de ce processus sur les associations, acteurs historiques très largement majoritaires dans le champ. En effet, ce champ d’activité fait l’objet à la fois (1) d’une libéralisation et d’une privatisation de l’offre par son intégration au secteur nouvellement constitué des services à la personne et (2) d’une évolution en profondeur du mode de régulation tarifaire et budgétaire des acteurs historiques dans les rapports qu’ils entretiennent avec leur tutelle dans leur mission de service social.

En examinant le rôle paramétrique du prix dans cette nouvelle configuration institutionnelle, c’est-à-dire la manière dont le prix sous-tend les relations d’échange, il nous est possible de tracer les différents espaces de déploiement de la marchandisation dans l’aide à domicile. L’essor de la marchandise au sens strict nous apparaît alors comme limité au regard de ce que l’on peut considérer comme l’échec du plan Borloo. En revanche, l’expansion de la forme marchandise, perceptible par l’analyse du rôle paramétrique du prix, nous apparaît être le véritable vecteur de la marchandisation des secteurs médico-sociaux comme l’aide à domicile. La marchandisation de ce secteur d’activité passe par la transformation de son mode de financement qu’est la tarification administrée.

Le plan Borloo prévoyait l’ouverture totale à la concurrence de l’activité prestataire d’aide à domicile. Ainsi, jusqu’en 2006, l’activité prestataire d’aide à domicile réalisée dans le cadre des prestations d’aide sociale du département devait être réalisée par les organismes bénéficiant de l’habilitation à l’aide sociale. Ces organismes devaient être autorisés par les conseils généraux, autorisation qui leur ouvrait droit au mode de financement historique des activités sociales et médico-sociales : la tarification sociale et médico-sociale.

À partir de 2006, les entreprises lucratives peuvent donc investir le champ et, contrairement au principe de la tarification administrée, peuvent y pratiquer un prix « librement » fixé par les producteurs. Ce qu’on qualifiera ici de prix marchand se distingue du prix de marché dans l’analyse économique néoclassique, en ce qu’il est administré par les producteurs, donc construit et non fixé par la rencontre de l’offre et de la demande. À la différence de la tarification sociale, la validation sociale de la production est alors décentralisée et individualisée. La puissance publique s’efface ainsi en partie de la relation d’échange et, avec elle, une part importante de la dimension politique de l’activité d’aide à domicile qui s’est historiquement construite en tant que relation de service social.

Ce pan de l’activité d’aide à domicile est donc celui qui renvoie le plus à l’idéal type de l’activité marchande. Les prix y cristallisent un rapport d’échange désincarné où les relations tendent à se réduire à un taux d’échange. La logique collective d’anticipation et de validation d’une production, répondant à des besoins.

Éditions de Boeck Supérieur

Pour autant que ce pan de l’activité d’aide à domicile relève bien de la marchandise, cet espace de déploiement de la marchandisation reste malgré tout confiné. Si les premières années suivant la mise en place du plan Borloo ont vu l’explosion de la création d’entreprises de services à la personne et de leur activité16, cette forte croissance doit être remise dans la perspective du faible poids que ces entreprises représentent dans l’activité en direction des personnes fragiles qui est le périmètre historique de définition de l’aide à domicile17.

La marchandisation au sens strict de l’aide à domicile reste donc limitée. C’est par un autre canal, celui de la transformation de la tarification administrée, que le levier de l’extension marchande est principalement activé.

Anne Le Roy, Enseignante chercheuse en Economie au CREG à l'UGA, Université Grenoble Alpes et Emmanuelle Puissant, Enseignante-chercheuse, Université Grenoble Alpes

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 

Horaires à rallonge, salaire dérisoire et charge mentale importante : l'an dernier, la crise des EHPAD a fait la une de l'actualité. Mais d'autres professionnels du grand âge sont à la peine. C’est le cas des aides à domicile, un métier essentiel mais qui peine à recruter, tant il manque d'attractivité.

 

Sylvie et Geneviève, l'une de ses "petites personnes", comme elle les appelle affectueusement.

 

Nous sommes à quelques kilomètres de Châteaudun, en Eure-et-Loir.  Sylvie pousse la porte de la grande maison de Jacqueline, 87 ans. Veuve, elle habite seule et a du mal à se déplacer à cause d'une polyarthrite. Depuis près de cinq ans, Sylvie vient lui préparer ses repas, fournis par la ville. Prévenante, l'aide à domicile est aux petits soins : "Vous mangez ce que vous pouvez, bien sûr ! Je vous remets un peu d'eau ?"

 

Son rôle : le maintien à domicile des personnes dépendantes

 

Comme chaque visite, celle-ci est chronométrée. "30 minutes. En 30 minutes, il faut que j'aie fait le repas, la vaisselle, que je range ce que j'ai sali. Je range, je passe un coup de chiffon. Je m'assure que tout va bien. Et je prends le temps de lui parler, je ne la laisse pas toute seule dans son coin." Sylvie s'occupe aussi des toilettes et des promenades, suivant les cas. Mais pas question de s'éterniser : d'autres personnes attendent sa venue. Au total, Sylvie effectuera 13 visites sur la journée. 

 

On a une amplitude horaire d'environ 11 heures. Le matin, je commence à 7 heures 30, et en principe je finis à 19 heures 30. Bon, je ne finis jamais à l'heure, mais ce n'est pas très grave.

 

"Ma mission principale, c'est de garder les personnes à leur domicile dans de bonnes conditions. Qu'elles se sentent toujours chez elles, même si elles sont handicapées, qu'elles souffrent psychologiquement, qu'elles sont diminuées, etc." La motivation, Sylvie l'a, résolument. Ancienne vendeuse dans le prêt-à-porter, elle a choisi cette voie par passion. Le problème, c'est que le salaire ne suit pas. 

 

Un SMIC pour 11 heures de travail quotidien

 

"En février, comme j'avais des congés, j'ai gagné 1 084 euros. D'ordinaire, ma fiche de paie, c'est 1 200 euros net. Frais de route inclus." Car Sylvie doit prendre sa propre voiture pour effectuer les trajets entre chaque visite : l'association qui l'emploie ne dispose que de deux voitures de fonction, pour une trentaine de salariées. 

 

Une précarité dont les bénéficiaires eux-mêmes ont bien conscience : "Ce n'est pas assez payé pour tout le mal qu'elle se donne !", s'offusque Geneviève, 92 ans. "Franchement, il faut être courageux. Elle court partout, elle travaille toute la journée, et il faut toujours qu'elle fasse bonne figure."

 

"Mes 'petites personnes' sont très reconnaissantes, mais le problème, c'est que derrière, il n'y a rien", explique Sylvie. "C'est un métier dur, très mal payé, et très mal valorisé."

 

"Psychologiquement, c'est compliqué"

 

Car outre les horaires et le salaire, les aides à domicile se doivent de garder le moral face à des situations parfois très difficiles : "Psychologiquement, c'est compliqué", reconnaît sans peine Virginie Tomczak, la responsable de secteur de Sylvie. "On trouve beaucoup de dépression chez les personnes âgées."

 

Parfois, les salariées me disent "Je suis allée voir madame X, elle m'a dit qu'elle se laissait mourir, qu'elle ne voulait pas voir l'année d'après, qu'elle ne voulait plus vivre"... 

 

"Dans ces cas-là, il faut savoir répondre avec le sourire, leur remonter le moral. Il faut de l'empathie. Tout le monde ne peut pas le faire !" précise Virginie Tomczak.

 

Autant de raisons qui font que le secteur, composé à 98 % de femmes, peine à recruter. Selon Stéphane Landreau, secrétaire général de la FNAAFP/CSF, l'une des principales fédérations d'aides à domicile, "10 à 20 % des postes sont vacants" à l'heure actuelle. 

 

Les aides à domicile ne sont pas des "femmes de ménage"

 

"L'aide à domicile est vraiment le parent pauvre des politiques publiques", poursuit Stéphane Landreau. "Tous disent qu'il faut défendre le maintien à domicile, mais rien n'est fait. On attend une vraie décision politique, et de véritables investissements en termes de moyens."

 

Outre la rémunération, l'image des aides à domicile doit changer, explique Stéphane Landreau. "Très souvent, on les prend encore pour des femmes de ménage, alors qu'elles ont un vrai rôle social. Leur job ne se résume pas à donner à manger et passer le balai. Il y a un vrai dialogue. Parfois, c'est la seule visite de la journée pour les personnes âgées."

 

Un rapport remis fin mars sur la question "Comment mieux prendre soin de nos aînés ?"

 

Les professionnels du secteur attendent aujourd'hui beaucoup du rapport Libault. Le 28 mars, le rapporteur Dominique Libault doit présenter à la ministre de la santé Agnès Buzyn les conclusions de la grande consultation "Grand âge et autonomie", lancée en octobre 2018, à laquelle 415 000 internautes ont répondu.

 

"Dans 20 ans, 30 ans, les trentenaires, les quadragénaires d'aujourd'hui seront vieux aussi. Il faut vraiment mettre les moyens pour aider nos anciens, et pour que nos métiers soient considérés et valorisés", conclut Sylvie. En 2030, la France devrait compter 20 millions de personnes âgées.

 

L'équipe

 

·         Lisa Guyenne Journaliste